Justayton
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Elevage suisse de bulldog américain

 

PEA la surdité chez le chien

Surdité héréditaire

texte tiré du site du club du dalmatien modifié légèrement

En attendant les tests génétiques, l'enregistrement des PEA est incontournable.

      

Origine de la surdité héréditaire

Le Bulldog américain, avec d'autres races dont le fond de robe est blanc connait un pourcentage significatif de surdité héréditaire par insuffisance de pigment au niveau de certaines cellules de la cochlée (oreille interne) qui provoque leur dégénérescence vers l'âge de 3 à 4 semaines.

   

Ceci est à rapporter à la sélection excessive sur le manteau blanc, constituant une rupture majeure avec le type ancestral.

 

Faire naître à peu près 5% de chiots Sourd bilatéral candidats à l’euthanasie est inacceptable.

 

Le manteau blanc est déterminé par le gène sw s , s comme spotting, w comme white, ( gène MITF localisé sur le chromosome N20), nommé "extreme white piebald", en Français gène de la « panachure envahissante » ; l’adjectif « envahissant » est tout à fait parlant car ce gène sort, si on peut dire du rôle qu’on attendait de lui : il ne se limite pas à déterminer le manteau mais étend son action au niveau de l’oreille interne…Ce gène est commun au Bull Terrier blanc .

Depuis 1991, les travaux du Docteur Strain de l’Université de Bâton Rouge montrent, par l’étude statistique conjointe des pedigrees et des résultats des PEA sur de grands effectifs que la surdité est directement liée à la capacité du gène sw à s’exprimer en fonction de l’influence, facilitatrice ou inhibitrice, qu’auraient sur lui probablement plusieurs autres gènes (polygènes).

   

Fréquence

surdité bilatérale

Un chien sourd bilatéral (SB) est un handicapé majeur imposant un mode de vie très contraignant notamment pour les mâles.

Un chiot SB peut et doit être reconnu à l'élevage.

     

Audition unilatérale

Un chien EU (Entendant Unilatéral) passe pour un observateur moyen, inaperçue car le chien mène une vie tout à fait normale, un très léger retard à la localisation de certains bruits pouvant parfois être noté.

   

Reconnaître la surdité à l'élevage.

Reconnaître la surdité bilatérale

   

Le réflexe de sursautement (dès la fin de la 4° semaine)

Le chiot à tester doit se trouver en position naturelle, à plat ventre sur une surface moëlleuse et tiède.

La personne qui teste place ses mains à 5 à 10 cm au dessus de la tête du chiot et les fait claquer : un chiot normal se soulève sur ses membres antérieurs puis se laisse retomber.

    

Un chiot SB présente un comportement spécifique : sommeil très profond et lent, un certain isolement par rapport aux autres chiots (chiot « trop calme »), sequences de jeu diminuées, mobilité des oreilles réduite, possibilité d'agressivité à l'égard de ses frères et soeurs dont il ne perçoit pas les plaintes durant les jeux.

 

Reconnaître l'audition unilatérale : chiots entendants unilatéraux

 

Il est extrêmement difficile, voire le plus souvent impossible de reconnaître un chiot EU, tout au moins à l'élevage.

IL est donc nécessaire de recourir à un test fiable ne mettant pas en oeuvre la participation active du chiot : l'enregistrement des PEA (Potentiels Evoqués Auditifs) répond à cette éxigence.

   

[Le test se pratique dès l'âge de 6 semaines. mais jamais avant.]

 

Enregistrement des PEA

 

•Le principe des PEA

C'est l'enregistrement par sélection informatique de l'activité électrique de la cochlée, portion de l'oreille interne concernée par la surdité.

   

•Interprétation des PEA - courbes d'enregistrement

 

Il n'y a pas de résultat douteux. Pour chaque oreille, la présence de 5 ondes suffit pour déclarer l'oreille est sourde ou entendante : c'est la loi du tout ou rien.

Le test n'est absolument pas utilisé ici pour caractériser la finesse de l'audition.

   

Les praticiens vétérinaires testeurs sont tenus au secret professionnel.

 

Sélection et surdité

Il n'est pas nécessaire de connaître la localisation des gênes responsables pour les éliminer !

Il faut garder présent à l’esprit que la recherche des gènes responsables, du fait de la complexité du déterminisme présumé polygénique ne portera probablement pas ses fruits à court terme, en témoigne la recherche déjà entreprise aux USA et à Hanovre depuis plusieurs annnées.

Toujours du fait de l’interaction de plusieurs gènes, il n’est pas certain qu’un test génétique se révèle totalement discriminatoire. Par ailleurs, les PEA resteront indispensables lors de l'utilisation des tests de première génération.

Il faut donc appliquer les directives issues des recherches du Docteur Strain : il n’est pire sourd qui ne veut entendre !

      

1 - Vulgariser les PEA

2 - Favoriser l’expression de la pigmentation

   

1 - Vulgariser les PEA

 

a) Les chiens Entendants unilatéraux (EU) étant très difficiles à identifier, l'enregistrement des PEA est indispensable pour tout reproducteur.

- Il est à noter que le chien EU possède les gènes responsables de la surdité au même titre que le chien SB ; c'est simplement un heureux hasard qu'une seule oreille soit atteinte. Il est donc aussi catastrophique de faire reproduire un chien EU qu'un chien SB !!

- Rappelons qu'un chien testé EB peut bien sûr être porteur des gènes responsables de la surdité et donc les transmettre puisque nous avons à faire à des gènes récessifs.

    

b) Etudes statistiques

Le professeur Strain, de la chaire de neurologie de l'Université de Bâton Rouge en Louisiane, a effectué des études statistiques sur de grands échantillons :

   

Statut des parents : "TESTES ou NON TESTES"

Deux parents non testés : EU + SB = 23 %

Deux parents testés : EU + SB = 15%

    

Le fait d'utiliser des reproducteurs testés permet de gagner 8%.

 

Statut des parents : "ENTENDANT BILATERAL ou SOURD UNILATERAL"

Parent EB X Parent EB = EB : 73% - EU : 21% - SB : 6%

Parent EB X Parent EU = EB : 59% - EU : 30% - SB : 11%

    

Pays étrangers

 

Royaume Uni

Les enregistrements ont débuté en 1992.

Les résultats de l'Animal Health Trust de New Market ( J. Freeman) montrent une régression significative entre 1993 et 2005:

    

1993 276 tests: EB: 77,2% EU: 15,9% SB: 6,9%

2005 391 tests: EB: 85,2% EU: 11,5% SB; 3,3%

   

Allemagne et Pays bas ( comme en Suisse, un PEA "EB" est obligatoire pour reproduire).

Statistiques publiées par le WAFDAL en 2011:

Entre 2000 et 2010, 1300 tests:

EB: 89,2% EU: 8,3% SB: 2,5%

Quel progrès par rapport aux chiffres cités antérieurement.: EB: 75% EU: 20% SB: 5%

        

2 - Favoriser l'expression de la pigmentation

 

a) Hétérochromie et sélection sur la surdité.

L'hétérochromie est définie par une insuffisance ou une absence de pigmentation de l'iris, ce qui se traduit chez le dalmatien par un œil bleu ou présentant un éclat bleu.

Elle est à rapporter à l'expression forte du gène s W et du fait de l'action de gènes modificateurs.

Le Professeur Strain a effectué des études statistiques sur de grands échantillons qui ont mis en évidence les résultats suivants :

     

PARENT À ŒIL BRUN X PARENT À ŒIL BRUN: 73 % EB - 21 % SU -7 % SB

PARENT À ŒIL BRUN X PARENT À ŒIL BLEU: 49 % EB - 33 % SU - 18 % SB

   

S'il est bien évident qu'il existe des Dalmatiens aux 2 yeux bleus entendants bilatéraux, les statistiques relatives à un grand échantillon démontrent sans conteste qu'en écartant les chiens hétérochromes de la reproduction, le taux de surdité peut être réduit de façon très significative. Le taux de surdité des Dalmatiens américains est à rapporter au fait que les chiens à yeux bleus ne sont pas écartés de la reproduction.

Sources de J. Freeman (AHT) :

Royaume Uni : SB + EU = 19,4% contre USA : SB + EU =2 9,7% où les chiens hétérochomes sont utilisés pour la reproduction par bon nombre d’éleveurs…(sic)

AHT : 237 chiens hétérochromes testés : EB : 44,7% EU : 35% SB : 20,3%

Ceci confirme les résultats du Dr Strain, à rapporter à l’expression forte du gène sw (pas assez de pigment)

        

b) Sélection sur la surdité et patches

Le patch est une plaque noire bien délimitée, sans poils blancs, de taille nettement supérieure à une tache, le plus souvent située sur la tête et plus particulièrement l'oreille.

Le patch est à rapporter à l'inhibition de l'expression du gène s W par des gènes modificateurs.

Le professeur Strain, sur un effectif de 4 596 chiens entre 1992 et 1996, rapporte les résultats suivants :

     

CHIENS À PATCH : 89,5 % EB -8,5 % SU- 2% SB

CHIENS SANS PATCH: 68 % EB - 23.5 % SU - 8.5 % SB

   

Les résultats de l’AHT : 516 chiots patchés : EB : 93,2% EU : 5 ,8% SB :1% confirment encore les résultats du Dr Strain.

S'il existe occasionnellement des chiens à patch sourds bilatéraux, les résultats ci-dessus, établis d'après un grand échantillon, sont démonstratifs en matière de génétique des populations, et ce sans conteste.

Le patch est un motif de non confirmation, ce qui les exclut de la reproduction en France. La survenue de patches dans une portée est certes regrettable sur le plan commercial mais si l'on considère les objectifs de la sélection en matière de surdité, il ne faut surtout pas jeter le discrédit sur un reproducteur qui transmettrait ce « défaut ».

Par extension il semble logique de rechercher une pigmentation forte : taches de couleur intense, paupières et nez sans manque de pigment, ce qui suppose d'accepter des oreilles parfois trop pigmentées.

     

-Nombre de taches

Résultats de l’AHT (NB : effectif de l’échantillon non précisé – à interpréter avec prudence)

Chiens fortement tachetés : EB = 88,1% et chiens moyennement tachetés : EB = 85,2% (avec une différence non significative entre les deux groupes)

Chiens peu tachetés : EB = 64,5%

     

- « Oreilles » très foncées :

Le comité du Dalmatien Club Français (DCF) a décidé que les oreilles très foncées sont compatibles avec le CACS et le CACIB.

   

La sélection est fondée actuellement sur 6 points.

 

1 - L'utilisation du test PEA

-Même si le test PEA est contraignant et relativement coûteux, même s'il ne permet pas de détecter les porteurs sains, il est indiscutablement très efficace comme le démontre les résultats obtenus grâce à lui en Allemagne et au Royaume-Uni !!!

   

2 - Le testage de tout reproducteur même occasionnel.

 

3 - Pour les Eleveurs sélection-

-neurs le testage de toutes les portées dans leur ensemble de façon :

- à ne poursuivre la lignée, si possible, qu'à partir de portées ne comportant que des chiots EB.

- à ne pas réutiliser des reproducteurs qui produiraient des EU en quantité notable.

     

4 - Ne pas discréditer les reproducteurs qui transmettent des patches

 

5 - Une grande méfiance à l'égard des lignées à fort pourcentage d'yeux bleus.

 

6 - Recherche de reproducteurs à pigmentation marquée (paupières, babines, truffe)

 

Conclusion

Il serait coupable à l'ère de la reconnaissance et du traitement des maladies génétiques, d'ignorer les données scientifiques incontestables.

Pratiquer l'élevage d'une race en sachant qu'un pourcentage significatif de chiots est voué à l'euthanasie, acte éminemment pénible, pose un problème éthique qu'il faut accepter de regarder en face.

    

Nous sommes tous responsables.

Il dépend de chacun d’entre nous de parvenir à une amélioration significative du taux de surdité en attendant l’apport de la recherche génétique.